L’effet miroir: apprendre sur soi par les autres

L'effet miroirL’effet miroir permet d’apprendre sur soi grâce à ceux qui nous entoure. Et plus particulièrement ceux qui nous contrarient ou que nous critiquons. C’est le principe même de la projection. En effet, c’est un mécanisme psychologique de défense qui nous fait attribuer aux autres des sentiments, intentions, pensées… que nous jugeons inacceptables. Mécanisme de défense ou de négation, car nous ne voulons pas voir que c’est aussi chez nous. Comment cela se fait-il?

L’effet miroir vu par Schopenhauer

Déjà le philosophe Arthur Schopenhauer (1788-1860) rappelait qu’on » moralise admirablement sur ceux qui voient la paille dans l’oeil du voisin et ne voient pas la poutre dans le leur. Mais la nature de l’oeil ne lui permet de regarder qu’au dehors, il ne peut se voir lui-même. C’est pourquoi remarquer et blâmer les défauts des autres est un moyen propre à nous faire sentir les nôtres. Il nous faut un miroir » pour les voir.

L’effet miroir pour mieux se connaître

Parce qu’on se défend de critiquer négativement quelqu’un, parce qu’on se prête beaucoup de bienveillance et d’empathie, on ne se voit pas tel qu’on est en réalité: un mélange de bonnes et mauvaises intentions. Et puis notre éducation nous a tellement bien inculqué que ce n’était pas bien de juger, qu’il fallait « accepter l’autre tel qu’il est », que nous cherchons à nous y conformer… en mettant un couvercle sur nos véritables sentiments. C’est ainsi que nous reprochons plus facilement à l’autre d’être trop bavard, agressif, mielleux, injuste, dur, arrogant…

Il en va des jugements ou comparaisons négatifs comme des positifs.

Or, en cultivant l’acte d’attention consciente au quotidien, par la perception plus fine de nos sentiments et ressentis,  nous apprenons sur nous-mêmes. Ainsi, nous régulons plus facilement nos états émotionnels et nous devenons plus tolérants.

Le jeu des critiques

Pour voir comment l’effet miroir agit, jouons au jeu des critiques. C’est un exercice à faire seul. C’est très simple à réaliser. De plus c’est un jeu pour soi-même, nous n’avons pas à divulguer ce que nous allons découvrir. Nous avons besoin d’une feuille de papier et d’un stylo et de s’installer dans un lieu où nous ne serons pas dérangés.

1- Pensez à une personne avec qui vous n’avez pas d’affinité, une personne qui a tendance à vous agacer. Ecrivez 3 critiques négatives sur cette personne.

2- Pensez à une personne que vous admirez ou que vous appréciez. Ecrivez 3 critiques positives sur cette personne.

Soyez spontanés. Ne vous censurez pas. Faites un effort pour trouver des critiques à faire. cela restera de toutes façons entre vous et vous-mêmes. Quand cette première partie du jeu est réalisée, procédez à la deuxième partie:

3- Repensez à la première personne. cette fois écrivez 3 critiques positives.

4- Repensez à la deuxième personne. Ecrivez 3 critiques négatives.

Puis, observez sans jugement ni culpabilité ce que vous avez écrit.

L’effet miroir du jeu des critiques

Ce qui peut être difficile dans cet exercice, c’est notamment:

  • Le poids de notre éducation et de la morale qui dit que ce n’est pas bien de penser du mal d’autrui, par exemple.
  • L’image de nous-mêmes que l’on aimerait avoir et montrer: d’une personne aimable, gentille et non quelqu’un qui a de mauvais sentiments.

C’est intéressant d’observer comment ces deux points de vus agissent en nous et nous empêchent de nous accepter tels que nous sommes, sans jugement ni censure.

On observe qu’il y a autant de positif que de négatif chez une personne, y compris soi-même. Et ce que nous jugeons positif ou négatif est souvent le reflet de notre passé (éducation, valeur, expérience, première impression etc…) Commencer à voir du positif dans le négatif et vice-versa, nous permet d’élargir notre perception des gens et des choses et de gagner en sérénité.

Effet miroir, une expérience

Voici l’expérience d’Isabelle qui s’est prêtée au jeu. Cela une idée de ce qu’on peut découvrir chez soi.

« J’ai fait l’exercice et je reconnais que cela ne m’a pas paru si simple que cela. J’ai mis beaucoup de temps à trouver une personne que je n’aimais pas et je me demande si c’est normal… La conclusion que je tire de cet exercice est que nous pouvons trouver quelque chose de positif chez chaque personne, même si de prime abord, cela ne coule pas de source ; En fait, il faut aller chercher au-delà des apparences. Ensuite, j’ai l’impression que les côtés positifs que je trouve chez quelqu’un correspondent à ceux que j’essaye de mettre moi-même en pratique. Après un peu de recul, il semble que les points négatifs et les points positifs que j’ai retenus pour les  personnes choisies reflètent des points de ma personnalité. Des aspects que je rejette  qui me font peur, que je crains … Mais aussi, à contrario que je recherche, qui m’identifie… Qui sont importants… »

Pour aller plus loin:

Un potentiel de plus La pleine conscience au travail

Ouvrage co-écrit par Sylvie Lara-Labouesse et Nathalie Vanlaethem, Editions Dunod

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